Entretiens Internationaux de l'Aménagement et du Développement des Territoires 2003
« Pour de nouvelles régulations : le rôle des Etats.»
Compte rendu Entretiens Internationaux de la DATAR - Forum du Mardi 21 janvier 2003
Rédigé par Nael Berry et Foued Kaddouri
Intervenants :
Bertrand Landrieu, Préfet d’Ile-de-France
Hee-Soo Chung, Professeur KDI School Corée du Sud
Laurent Davezies, Professeur Paris 12
Adrien Zeller, Conseil Régional Alsace
Bjelfvenstam Jonas, Ministère de l’Industrie Suède, Secrétaire d’état au Développement Régional et aux Communications
Pierre Alain Rumeley, directeur du bureau fédéral du développement territorial Suisse
L’ ouverture des marchés et la globalisation obligent à une redéfinition du rôle des Etats. Ils ont à répondre à plusieurs exigences, notamment, celle d’accorder aux régions et aux territoires les moyens qui leur permettront de saisir les opportunités de développement offertes par la mondialisation.
Par ailleurs, les Etats doivent lutter contre les risques de marginalisation des espaces les plus vulnérables. De quels moyens disposent les Etats pour gérer ces impératifs : péréquation des ressources, répartition raisonnable des services publics, partage d’une vision commune de l’organisation du territoire national et encouragement au maillage et à l’articulation entre entités territoriales ?
1- Jonas Bjefvenstam, Ministère de l’Industrie Suédois, secrétaire d’état délégué au développement régional et aux communications (traduit de l’anglais):
La globalisation a parmi ses nombreuses conséquences la caractéristique de laisser moins de marge de manœuvre à l’état quant à sa gestion des préoccupations nationales.
Il doit fomenter le savoir national par exemple dans les domaines de la concurrence, la haute technologie ou encore les bio-technologies…La Suède expérimente actuellement un plan de Politique de Développement Régional lancé en 2001, mais se heurte à la particularité suédoise qui voit certaines régions très peu peuplées dans le nord du pays, et une concentration de la population dans le sud du pays.
Le principal souci suédois est l’égalité devant l’accès au aides de développement, selon le leitmotiv : si les régions réussissent, la Suède réussira.Les mesures politiques doivent créer les bonnes conditions générales :
- Système d’égalité municipale
- Plus haut niveau d’éducation
- Clusters basés sur des politiques d’innovations
- Accords sur la croissance régionale.2- Pierre-Alain Rumeley, directeur du bureau fédéral du développement territorial Suisse.
La Suisse compte 7 millions d’habitants et 100 régions. Celles-ci forment les 26 Cantons (états) qui naguère se sont unis en une Confédération pour former la Suisse contemporaine.
Mais ces Cantons ne sont-ils pas trop petits face à la mondialisation, ne faudrait-il pas opérer des fusions entre Cantons ?
Cette dernière solution avait été expérimentée mais a connu un échec.
Le choix actuel s’est porté sur l’intensification des relations inter-communales et du développement durable.On opère actuellement une réforme de la répartition des tâches et de la péréquation financière : un petit processus de centralisation s’est établi avec un minimum de services publics rendus.
La priorité s’est porté sur une politique urbaine et d’agglomération plus poussée.3- Hee-Soo Chung, Professeur KDI School, Corée du Sud.
A l’instar de « Paris et le désert français », il existe en Corée du Sud un immense déséquilibre entre Séoul et le reste du pays.
Ces disparités font surtout apparaître les régions pauvres dans le sud-ouest et le sud-est. Afin de remédier à ces déséquilibres, la Corée expérimente 3 volets de politique spatiale :
- planification des régions prioritaires
- politique sectorielle
- politique d’entreprise (attractivité).Une harmonie parfaite doit s’opérer entre ces 3 volets pour un développement substantiel des régions, classées en 3 catégories :
- riches et autonomes
- à intégrer
- très pauvres et en déclinLa politique actuelle du nouveau gouvernement consiste à aller vers les régions du sud ; de plus il a décidé d’importer le modèle français de la DATAR afin d’organiser le processus de décentralisation.
4- Laurent Davezies, Professeur à Paris 12
Il faut une « redistribution » entre territoires afin que les chocs structurels puissent être pris en charge par le gouvernement national. En France, on attend beaucoup du local car il assure la cohésion du territoire français.
5- Bertrand Landrieu, Préfet d’Ile-de-France
Il n’est pas contradictoire d’associer la décentralisation avec un Etat fort. L’enjeu réside dans le fait de savoir si les collectivité locales vont réclamer ou pas plus de pouvoir ?
6- Adrien Zeller, Conseil Régional Alsace
2 grands défis pour la décentralisation :
- Creusement inégalités intra-régionales : zone prospère contre zone en conversion
- Rôle de l’Etat dans une république décentralisée : l’Etat ne doit pas gérer des problèmes qui sont de la compétence des régions, son rôle doit être redéfini afin qu’il puisse au mieux déléguer.