Entretiens Internationaux de l'Aménagement et du Développement des Territoires 2003

Atelier "DES ENTREPRISES RESPONSABLES VIS A VIS DE LEUR TERRITOIRE"

Compte rendu Entretiens Internationaux de la DATAR -Table ronde Mercredi 22 janvier 2003
Rédigé par Fréderic Pibarot et Nadège Messier

 

INTERVENANTS CONFERENCIERS :

C. JOLY Premier Vice Président de STOREBRAND INVESTMENTS, Grande Compagnie Norvégienne.
A. GUILLEN Directeur des Politiques Sociales de GROUPE LAFARGE, France.
N. NOTAT Membre fondateur de l’Agence Européenne de notation sociale et environnementale.
J. GRAHAM Directeur de BUSINESS IN THE COMMUNITY, en Grande Bretagne.
C. FERRARI Président Directeur Général de FIN.OPI S.p.A, Groupe SanPaolo Imi , Italie.
B. PAINEAU Président Directeur Général de SOTHOFERM, France.

E. CHEVRILLON Journaliste.


Problématique : Conscientes de leur implication dans le développement des territoires, certaines entreprises engagent des moyens financiers et humains pour améliorer la qualification professionnelle des populations locales et participer au dynamisme des territoires. Comment s’exprime la prise des conscience de la responsabilité des entreprises vis-à-vis de leur territoire.

« Responsable » est un terme lourd de sens si on le place dans un contexte environnemental et social. Selon Nicole NOTAT, la responsabilité sociale va être de plus en plus apparente en raison de la finalité des entreprises à obtenir une bonne rentabilité. Dans cette vision, on a trop souvent ramené la performance d’une entreprise à ses résultats or une bonne performance sur le long terme dépend de sa performance sur le plan social (contact avec les salariés…) et sur le plan environnemental (action citoyenne…). La définition européenne de l’entreprise met en avant sa responsabilité à s’acquitter de ses obligations légales et conventionnelles mais elle doit également intégrer à sa stratégie globale, à ses décisions stratégiques, les problématiques sociales, sociétales et environnementales.
Une entreprise qui s’ouvre aux partenariats dans un concept de mondialisation avec des implantations locales doit être responsable de son territoire.
L’argumentation d’A. GUILLEN évolue autour de l’articulation entre le global et le local. De fait, une entreprise ne peut se développer durablement que si elle prend en considération sa responsabilité social au niveau local. Elle devra aussi prendre des décisions et des mesures pour éviter tout impact social et environnemental sur le territoire. L’entreprise devra prouver qu’elle peut rendre le site propre, réaménagé, y compris après son départ, pour assurer un environnement social, économique et naturel propre. Il est certain que les systèmes bancaires peuvent intervenir directement dans le développement d’une entreprise. En effet, comme a su le mettre en évidence C. FERRARI, les systèmes bancaires assure des financements à moyen ou long terme au sein de l’entreprise, responsabilisant ainsi les entreprises sur le long terme. Par ailleurs, est mis en avant le fait que la recherche de profit doit être bénéfique au territoire et aux acteurs locaux. L’instrument financier est, aujourd’hui, un acteur entier en Italie.

C. JOLY appuie cette thèse dans le sens ou elle permet un développement et un engagement durable avec une rentabilité associé à des critères sociaux et environnementaux.

L’intervention de B. PAINEAU éclaire sur les T.P.E. et les P.M.E. : en effet, celles-ci n’ont pas la même notion d’environnement social et environnemental. Ces préoccupations passent généralement au second plan alors que les grandes entreprise ont des lignes budgétaires prévu à cet effet. Aussi, tous chefs d’entreprises devraient pouvoir mettre en avant l’aspect environnemental. Cependant, comme le souligne J. GRAHAM, il est plus difficile de sensibiliser une petite entreprise qu’une multinationale, aux problèmes environnementaux et sociaux. Il développe ainsi l’idée de responsabilité sociale très large par le biais de programmes environnementaux et sociaux. D’où l’intérêt pour N. NOTAT de mettre en place des plans d’actions pour faire prendre conscience aux entreprises de leur responsabilité vis à vis du territoire. Cependant, l’initiative privé est privilégié, pour A. GUILLEN, qui considère que l’aménagement du territoire est une question d’acteurs car les entreprises sont trop habituées à se reporter sur les collectivités publiques.

Aux dires de C. JOLY , la philanthropie est un critère distinct à prendre en considération dans le sens où il représente un engagement social faisant partie intégrante de la responsabilité sociale. Il s ‘agit d’évaluer l’ensemble des données recoupant avec la manière dont l’entreprise assure les droits fondamentaux humains, dont elle assure la valorisation du capital humain, et les règles de gouvernance mais également la manière dont l’entreprise s’acquitte de la question de l’environnement, et enfin la façon dont elle intervient (dépendant des référentiels de mondialisation). Dans cette définition de responsabilité sociale, il y a une approche politique. A noter que l’intégration des critères sociaux implique des performances financières et des considérations de « sécurité et de santé », notamment au niveau mondial dans le cas de sous-traitance.