Entretiens internationaux de l'aménagement et du développement des territoires
03 et 04 mai 2004

L'élargissement de l'union :
une chance pour les territoires d'Europe

Compte rendu Table Ronde 3
mardi 4 mai 2004
Quelle politique de cohésion sociale et territoriale au sein de l’Union ?

Intervenants :

Arno ALMAN – Conseiller du Président de la République estonienne
Pavel BEM – Maire de la ville de Prague
Andreas FALUDI – Professeur à l’université de Nijmegen (Pays-Bas)
Philippe HERZOG –Député européen, Président de l’Association « Confrontations Europe »
François JOUVEN – Directeur des Financements décentralisés de la Caisse des dépôts et consignations
Adrien ZELLER – Président du Conseil régional Alsace
Dagmara MLICZYNSKA-HAJDA – Directrice du Département de la politique régionale

Cette 3ème table ronde portait sur les politiques structurantes de l’Union et sur les soutiens financiers dont peuvent bénéficier les pays de la communauté européenne. Le thème de la cohésion sociale a également été abordé. Les intervenants ont tenté de répondre entre autres aux questions suivantes : la coopération a-t-elle ouvert la voie à de nouvelles façons de gérer les politiques publiques au niveau régional, infrarégional ou municipal ? Comment combattre l’exclusion sociale dans les zones urbaines ? Comment peut-on rendre plus efficaces les formes de gouvernance issues du partenariat public et privé ? Dans quelle mesure l’expérience des Quinze est-elle exportable ? Nous vous proposons un compte rendu de chacun des intervenants sur ces différents points.

Pavel BEM – Maire de la ville de Prague
Il explique que Prague a une situation particulière. Puis il développe sa propre vision de l’organisation de la « nouvelle » UE, l’Europe des vingt cinq. Il faut appuyer les moteurs économiques des nouveaux pays entrants ; il faut ouvrir un débat, mettre en place une nouvelle méthodologie. Se rencontrer, se parler les uns les autres au sein des pays mais aussi entre pays. Il faut appuyer toute idée qui se traduirait par une réduction des disparités existantes entre les régions.
Au sujet des fonds structurels, il pense qu’il faudrait éduquer les administrateurs des différents pays. Les fonds européens deviennent très coûteux ; il serait donc bien que le système soit plus efficace, plus rapide.
Enfin, Pavel Bem est interrogé sur la lourdeur de l’administration de la nouvelle Europe par rapport à celle de l’ancienne Europe. Il répond qu’il est ici pour partager les espoirs de la nouvelle Europe mais qu’il reste critique sur l’efficacité des fonds structurels.

Dagmara MLICZYNSKA-HAJDA – Directrice du Département de la politique régionale (Pologne)
Elle aborde brièvement le sujet de la compétitivité entre les villes et les régions et pense que les villes devraient être plus prises en compte dans cette nouvelle politique de cohésion sociale. L’impact des fonds structurels pourrait alors être intéressant. Elle souligne que l’aspect renouveau urbain devrait être plus efficace pour la prochaine étape.

Adrien ZELLER – Président du Conseil régional Alsace
Il explique que l’Alsace est une région très touchée par la mondialisation. C’est une région qui utilise les crédits européens – FEDER notamment – pour développer en particulier le tourisme. Il y a dans les régions un besoin fort en fonds structurels. Grâce encore à ces fonds, l’Alsace a pu engager un processus de coopération dans le domaine des biotechnologies.
Au sujet des partenariats publics/privés, il pense que la France n’a pas beaucoup misé sur ce type de partenariats. Il conseille de mettre en place des institutions régionales politiques dans les nouveaux pays entrants.

Philippe HERZOG –Député européen, Président de l’Association « Confrontations Europe »
Il pense qu’il faut renforcer les outils au sein du l’UE. Chaque région, chaque territoire n’est pas encore bien organisé. Les territoires doivent selon lui pouvoir travailler en réseaux. Le cadre européen n’est pour l’instant pas suffisamment tonique. De plus, la bataille sur le niveau du budget par pays est cruelle. Les petites villes ont moins de ressources, moins d’argent. Il y a des problèmes de mobilité interne non résolus. Il ajoute avant de conclure que l’espace européen n’est pas favorable au marché privé.

Andreas FALUDI – Professeur à l’université de Nijmegen (Pays-Bas)
Andreas FALUDI est l’auteur d’un ouvrage sur l’aménagement du territoire dans l’espace communautaire.
Une question lui est posée sur l’avenir des régions. Il explique qu’il est indispensable de privilégier les mécanismes de cohésion sociale à l’avenir. La cohésion est une compétence partagée entre l’UE et les états membres. Voici ce qu’il propose en matière de mécanismes :
1. La participation des états membres : ils devraient prendre sur eux la réalisation de leur propre cohésion sociale ;
2. Il faut qu’il y ait des examens réciproques, des échanges d’informations entre pays membres de l’Union ;
3. La proposition de forums de développement territorial.


Arno ALMAN – Conseiller du Président de la République estonienne
A la question, « dans 15 ans, où en serons-nous dans cette cohésion ? », il répond qu’il ne le sait pas. La période qui vient de s’écouler en Estonie a été très difficile sur le plan social. L’Estonie est un des plus petits pays membres de l’UE – 1 350 000 habitants. Il conclut en expliquant que l’UE est là pour la jeune génération, pour nos enfants.

François JOUVEN – Directeur des Financements décentralisés de la Caisse des dépôts et consignations
La Caisse des Dépôts existe depuis 1816 et a réalisé depuis plusieurs missions. Aujourd’hui, elle est placée sous la protection sociale du Parlement. Elle est le partenaire des pouvoirs publics et des collectivités territoriales. Mais elle n’intervient que sur le territoire français, et non dans tout l’Europe. Sa coopération reste modeste en termes d’investissements, mais est très riche en termes d’expérience. Cela signifie qu’elle met son expérience à disposition des autres états membres mais qu’elle n’interviendra pas directement pour apporter son soutien financier dans un autre pays européen.


Nous conclurons ce commentaire par une question qui a été posée par une personne dans le public et qui permet de bien comprendre les enjeux de la cohésion sociale intra-communautaire : « on parle depuis un jour et demi de marché, de compétitivité…mais où est dans tout cela la place des hommes et des femmes ? » Et Adrien Zeller répond qu’il ne faut pas négliger le savoir-faire mais également le transfert de savoir-faire d’un pays à l’autre. La dimension sociale explique t-il est une dimension intégrante de toute économie. Tout bon développement intègre le développement social et durable.

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Master MIPMET M2
Management International
des PME, Entrepreneuriat et Territoires


Universités Montpellier I et III

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