Les entretiens MIPMET ont pour objectifs d'aborder des thématiques d'actualité. Réalisés par les étudiants du M2 MIPMET, ces entretiens vous invitent à découvrir une personnalité qui nous délivre sa vision sur les PME, l'internationalisation, les territoires,...

Antoine CALDERINI Président de l’association MELIES

MELIES (Mobilisation de l’Epargne Locale pour l’Investissement dans les EntrepriseS)

Mais malgré les difficultés, la création d’entreprise reste
une expérience enrichissante qu’il faut promouvoir (…)
 
Entreprendre / Territoires

Antoine CALDERINI
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résident et actionnaire de l’association MELIES


Présentation de MELIES :

Créée en 2005, MELIES (Mobilisation de l’Epargne Locale pour l’Investissement dans les EntrepriseS) est une association loi 1901 de personnes physiques qui aide ses adhérents à investir en direct dans le capital des PME du Languedoc-Roussillon.

MELIES est aujourd’hui un des acteurs de la création d’entreprise en Languedoc-Roussillon. Cette initiative bénéficie du soutien du ministère des petites et moyennes entreprises, du conseil général du Languedoc-Roussillon et des conseils généraux de l’Hérault et du Gard.

"Faisant partie des pionniers qui lançaient cette initiative en fin 2004, je réalise le chemin qui a été parcouru ... Aujourd'hui grâce à la motivation et aux compétences de nos adhérents, il existe un dispositif original qui fédère des contributions bénévoles et professionnelles au service des porteurs de projet et des investisseurs... Et c'est avec confiance que j'ai aussi fait partie des premiers actionnaires du fonds mutualisé."
(Antoine Calderini président et actionnaire de l’association MELIES.)

Pour plus d’information: www.melies.fr

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Liste des entretiens

Antoine CALDERINI, président de l’association MELIES, après des études secondaires sanctionnées par l’obtention d’un baccalauréat « Mathématiques et Techniques », fût embauché en 1962 par le groupe SCHNEIDER WESTINGHOUSE. Poussé par la volonté de dépasser le statut de technicien pour celui d’ingénieur, il reprit ses études notamment lors de son arrivée à Montpellier.
Après un séjour d’un an en Algérie (Service National), il fût embauché par IBM France en 1964. Lorsqu’ IBM décida de s’implanter sur Montpellier, M. CALDERINI s’installa dans la région et s’inscrivit en parallèle de son activité professionnelle à la faculté des sciences où il étudia à « mi-temps » jusqu’à obtenir une maîtrise d’électronique. Il fût ingénieur chez IBM jusqu’en 1995 et fût chargé, en fin de carrière, de la satisfaction de la clientèle à l’échelle européenne. Antoine CALDERINI a d’ailleurs eu plusieurs expériences à l’étranger : 2 ans en Angleterre et 2 ans aux Etats –Unis.

Les premiers contacts de M. CALDERINI avec les créateurs d’entreprises eurent lieu à travers l’ANVAR (OSEO aujourd’hui), structure qui aide les entreprises innovantes où il a travaillé pendant 8 ans après IBM. Ayant quitté l’ANVAR il décide, avec quelques chefs d’entreprises, de créer une association dans le but d’aider les créateurs d’entreprise du Languedoc-Roussillon: MELIES était née.

Que pensez-vous des structures d’aide à la création d’entreprise en Languedoc-Roussillon ?

(L’expérience de M. CALDERINI à l’ANVAR fût pour lui une période de réflexion sur ce que pouvaient vivre les entrepreneurs. Il s’investit dans un groupe de travail cherchant à déterminer les causes pouvant accroître la pérennité des entreprises en région)

Le Languedoc était bien équipé en institution mais l’implication des chefs d’entreprise était assez limitée. Comparativement aux autres régions le réseau privé était assez faible mais aujourd’hui les choses changent. C’est cette volonté du groupe de travail d’aller plus loin qui nous a poussé à créer MELIES. C’était une forme de challenge, une envie de faire bouger les choses. Il faut dire que les institutions n’ont pas une réelle expérience d’entrepreneur. Cette réflexion n’a rien de péjoratif car les institutionnels font de leur mieux pour informer et épauler les créateurs d’entreprise cependant ils n’en restent pas moins fonctionnaires et de ce fait, ils n’ont jamais pu appréhender les risques, la pression du métier d’entrepreneur (à quelques exceptions près).

Par ailleurs d’un point de vue financier, les aides publiques sont limitées dans le sens où elles sont calculées par rapport aux fonds propres de l’entrepreneur. Pour certain type d’activité cela peut poser problème. Notamment dans le cadre d’entreprises innovantes, car elles nécessitent un fort capital de départ. C’est là que les fonds privés peuvent intervenir favorablement car en augmentant les fonds propres de l’entreprise, les aides publiques augmentent par un effet de levier.

Les fonds privés sont donc une nécessité. En 2003, il n’y avait pas beaucoup de solutions de financement pour les entrepreneurs. Maintenant bien sûr il y a MELIES, mais il y aussi des réseaux de business Angel comme Sud Angels, les plates formes d’initiative locale coordonnées par la région avec des prêts d’honneur et des formules complémentaires…


Que pensez vous des notions de clusters et autres pôles de compétitivités ? Participent ils concrètement à la pérennité des entreprises ?

Les pôles de compétitivité sont une bonne chose. Ils « mettent de l’ordre » dans la notion de Cluster, pas toujours intelligible mais surtout ils valorisent la création d’entreprises sur le long terme et permettent également un développement plus rapide des entreprises existantes. Très peu de regroupements d’entreprises obtiennent le label international, cette hiérarchie évite les problèmes de lisibilité.

Quels sont pour vous les principaux atouts de la région en terme de création d’entreprises ?

La région Languedoc Roussillon est une région dynamique dans le secteur de l’innovation (3ème ou 4ème au concours national du Ministère de la Recherche) ce qui contraste avec son poids économique (environ 20ème). C’est donc sur ces atouts que la région doit s’appuyer, d’autant plus que la région détient nombre de structures de recherche pouvant être à l’origine d’entreprises à fort potentiel (ECOLE DE CHIMIE, POLYTECH, ENSAM, INRA, CIRAD, CNRS, UNIVERSITES…)


Que pouvez-vous dire de l’important taux de mortalité des jeunes entreprises ?

La création d’entreprise est un chemin long et difficile qui peut bouleverser profondément la vie d’un individu ! Causes d’échec, des projets de création d’entreprise pas assez matures, des idées trop approximatives, des délais sous-estimés pour atteindre l’équilibre financier…
Les entreprises aidées par une association privée comme MELIES ou encore Sud Angels ont un parain. Ce dernier peut prodiguer des conseils tout au long de la phase de démarrage et au-delà. Etre guidé par une ou des personnes plus expérimentées peut éviter bien des erreurs fatales.
En ce sens, la sélection des projets va bien au-delà d’une simple garantie d’investissement, encourager un projet que l’on pense voué à l’échec est extrêmement nuisible. Il est préférable de refuser dès le départ un projet qui n’a pas d’avenir plutôt que de laisser l’entrepreneur se fourvoyer avec tous les risques que cela comporte sur sa vie personnelle et professionnelle. La sélection permet aussi d’accompagner plus efficacement les projets retenus.

En effet, la création d’entreprise n’est pas un long fleuve tranquille…

Oui ! D’où l’intérêt d’être prêt mais aussi bien entouré. A ce propos je vous recommande l’ouvrage de Philippe Bloch, « bienheureux les fêlés ». L’auteur est le créateur de la chaîne « Columbus Cafe », il raconte dans son ouvrage les galères et la difficulté du métier d’entrepreneur.
Voir www.bienheureuxlesfeles.com

Mais malgré les difficultés, la création d’entreprise reste une expérience enrichissante qu’il faut promouvoir d’où l’intérêt de mettre à disposition des créateurs les outils financiers et techniques permettant de mener à bien leurs projets.

Comment se passe la sélection des dossiers de création d’entreprise au sein de MELIES ?

La sélection des dossiers se passe de la manière suivante :

10 personnes font parties du conseil d’administration qui se rassemble tous les mois. Un premier filtrage relativement rapide est effectué. Lorsqu’un projet est refusé à ce premier stade, le créateur est éventuellement orienté vers une autre structure. Ensuite, les projets retenus sont étudiés en détail par équipe choisie en fonction des compétences requises par le type de projet. A ce stade, 3 cas de figure sont possibles :

• le projet n’est pas retenu avec motivation fournie au soumettant.
• le projet ne fera pas l’objet d’un financement par le fonds mutualisé MELIES mais il est transmis à tous les actionnaires qui peuvent, à titre individuel, financer le projet.
• Le projet est déclaré intéressant pour un investissement du fonds mutualisé MELIES.

Dans ce dernier cas, le projet est soumis au vote du comité d’investissement, pour cela le créateur vient lui-même présenter son projet.
Les critères sont assez simples à comprendre : Il faut séduire les actionnaires de MELIES en proposant un projet crédible et susceptible de se développer pour que l’entreprise se valorise et permette d’obtenir un retour sur investissement intéressant. Il faut aussi que le projet permette à MELIES d’amener son expérience pour contribuer à son succès.

Un grand merci à Monsieur Calderini pour nous avoir fait partager son expérience ainsi que pour sa gentillesse

 
Avril 2008
Entretien réalisé par Sophie Réquéna et Antonin Cassan – MIPMET08

 

Master MIPMET M2
Management International
PME et Territoires


Universités Montpellier I et III

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