Les entretiens MIPMET ont pour objectifs d'aborder des thématiques d'actualité. Réalisés par les étudiants du M2 MIPMET, ces entretiens vous invitent à découvrir une personnalité qui nous délivre sa vision sur les PME, l'internationalisation, les territoires,...

 

Christian Olsthoorn – Sierafor - Pays-Bas

Travailler aux Pays-Bas : retour d'expérience

Il faut créer ses propres possibilités de développement
et faire ses preuves sur le terrain.
 

International

Christian OLSTHOORN
Sierafor

Ancien diplômé en gestion de l'IAE de Toulon puis du Master 2 MIPMET (promotion MIPMET 05), Christian Olsthoorn est aujourd'hui employé par l'entreprise néerlandaise Sieraflor.

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Liste des entretiens

Ancien étudiant MIPMET, travaillant actuellement au sein de l'entreprise Sierafor, Christian Olsthoorn nous livre sa vision des Pays-Bas. Différent de la France, le contexte néerlandais entraîne un management spécifique où les rapports organisationnels reposent sur moins de hiérarchie, plus de consensus et permettent une liberté individuelle source d'entrepreneuriat. Retour sur une expérience...

Pouvez-vous décrire l'entreprise pour laquelle vous travaillez ainsi que son activité?

Avec 72 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2005 et un effectif de 275 employés, la société Sierafor penche plus vers le statut de grande entreprise que vers celui de PME.
L’entreprise, créée en 1968, conçoit et commercialise des produits d’ornements végétaux pour la grande distribution en Europe. Il s’agit principalement de bouquets de fleurs (mono-variété et compositions) ainsi que de plantes en pot (vertes et fleuries), que l’on peut retrouver dans la plupart des super- et hypermarchés.
Les trois principaux marchés à l’export, l’Allemagne, la France et l’Autriche, représentent à eux seuls plus de 80 % du chiffre d’affaires de la société.

Vous avez suivi la formation MIPMET, dans quelle mesure vous a-t-elle préparé à votre fonction actuelle?

Le principal apport du M2 MIPMET concerne la compréhension du contexte économique dans lequel évolue la société. La Hollande, ensemble de deux provinces de l’Ouest des Pays-Bas, présente la plus forte concentration au monde d’entreprises du secteur de l’horticulture ornementale. Il s’agit d’un véritable district à l’italienne, où tous les niveaux de la filière, de la création variétale à la commercialisation en passant par la production, interagissent en réseau sur un même territoire.
Tous les fournisseurs de l’entreprise, que ce soit en fleurs coupées, en plantes, en produits d’emballage, en produits d’entretiens ou bien encore en machines, sont concentrés sur ce même territoire bien délimité.

Paradoxalement, le marché local ne représente qu’une part négligeable du chiffre d’affaire de l’entreprise. C’est dire à quel point la notion de MIPMET englobe l’activité de l’entreprise : une activité en R & D et un approvisionnement reposant sur une filière locale pour une mise en marché principalement orientée à l’export.

L'entreprise dans laquelle vous travaillez est basée aux Pays-bas, quelles sont les spécificités du management néerlandais?

Le management néerlandais est direct, dépourvu de non-dit et informel du fait d’une structure hiérarchique fortement aplatie. Ces traits influent de diverses manières le mode d’organisation au sein de l’entreprise.
Tout d’abord, les rapports entre collaborateurs et avec les parties prenantes de l’entreprise sont condensés et mènent directement à l’essentiel du propos. Cela rend la communication rapide et efficace. Les formules de politesse et les longs discours ne sont pas monnaies courantes.
De plus, les niveaux hiérarchiques raccourcis permettent de faciliter les relations au sein de l’organisation entre l’ensemble des collaborateurs et la direction. Là encore le gain de temps en est favorisé tout en maintenant une qualité d’information optimale.
Enfin, la flexibilité et la tolérance dont font preuve les Néerlandais permettent également d’agir tel un véritable entrepreneur au sein de l’organisation. Non seulement cela est rendu possible, mais il s’agit bien de la démarche attendue par l’organisation : il faut créer ses propres possibilités de développement et faire ses preuves sur le terrain.

Parmi ces pratiques managériales spécifiques, certaines vous paraissent-elles plus efficientes et transposables au modèle français?


Premièrement, la structure hiérarchique aplatie me paraît être l’élément le plus contrastant avec les pratiques managériales française. Cela est à mon avis plus favorable à la compréhension de la stratégie de l’entreprise par l’ensemble des ses collaborateurs par rapport au modèle français plus hiérarchisé.
Deuxièmement, la relation employeur-employé est beaucoup moins conflictuelle aux Pays-Bas qu’en France. La culture de la concertation permet bien souvent d’éviter toute grève et autre blocage de route, impensable dans un pays affichant plus de 400 habitants au km². La quasi-inexistence des syndicats est également une conséquence de cette relation directe entre l’employeur et l’employé.
Enfin, les néerlandais ont un rapport au travail bien plus souple qu’en France. Les agences d’intérim se trouvent à chaque coin de rue, le travail temporaire et à temps partiel y sont monnaie courante pour les femmes au foyer, les pré-retraités, les étudiants et même les lycéens. Conséquence, les Pays-Bas affichent le taux de chômage le plus bas d’Europe. Et en prime, les jeunes arrivent avec plus d’expérience sur le marché professionnel ; ce qui est bien souvent le facteur défaillant des jeunes diplômés en France.

Peut-on établir une différence entre l’enseignement supérieur français et celui présent aux Pays-Bas ?

A côtés des Bac+ 2 / Bac+ 3 tels que nos BTS/DUT, les Pays-Bas possèdent également de grandes Universités tout comme en France. Par contre, mis à part pour la célèbre Business School de Nijrode, la notion d’Ecole de Commerce comme nous l’avons en France n’y est pas présente.

Les échanges internationaux y sont également fortement développés. Pour cela il suffirait presque de savoir que Erasme, de qui est tiré le nom du programme Erasmus, était néerlandais.
Enfin, du fait du coût élevé des études pour les étudiants, ceux-ci sont bien souvent poussés à avoir un « job » dès les années du collège, toutes classes sociales confondues. Le bagage professionnel que présentent les jeunes diplômés néerlandais est donc plus conséquent que celui généralement présent en France.

De votre point de vue, les Pays-Bas sont-ils un lieu propice aux pratiques entrepreneuriales?

Les Pays-Bas me semblent être un marché tout à fait propice à la création d’entreprise. Plusieurs points me poussent à croire que ce petit pays favorise grandement toute démarche entrepreuneuriale.
Tout d’abord il y rège une culture libérale et fortement concurrentielle qui stimule constamment le monde professionnel et son interaction avec la recherche.
De plus, géographiquement les Pays-Bas sont idéalement situés en Europe du Nord. Avec le port de Rotterdam, deuxième plus grand port marchand au monde, l’aéroport de Schiphol et un réseau autoroutier dense, les Pays-Bas représentent une plate-forme parfaite pour les échanges commerciaux entre la Scandinavie, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne.
Ensuite, les banques y sont peu frileuses à soutenir de nouveaux projets prometteurs. Tout comme pour le commerce, les néerlandais sont également de redoutables financiers. Avec de grandes institutions telles que la Rabobank, ING-Direct, ABN-AMRO, Fortis, etc., le monde professionnel néerlandais est constamment soutenu par ses multinationales de la finance. La fiscalité attractive du pays pour les sociétés vient compléter l’intérêt financier que présente le pays pour les entrepreneurs.
Enfin, les Pays-Bas est un pays « international » en soi. La population est en grande partie polyglotte et les entreprises étrangères ne s’en privent pas : de nombreuses multinationales y ont implantées leur siège européen. Ce milieu favorise bien entendu la création d’entreprise, surtout quand celle-ci est basée sur un projet international.


 
Décembre 2006
Entretien réalisé par Vincent Karsenty - MIPMET07

 

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Management International
PME et Territoires


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