Les entretiens MIPMET ont pour objectifs d'aborder des thématiques d'actualité. Réalisés par les étudiants du M2 MIPMET, ces entretiens vous invitent à découvrir une personnalité qui nous délivre sa vision sur les PME, l'internationalisation, les territoires,...

 

Olivier Pageron – Responsable Commercial VIE Pôle Grand Sud, UBIFRANCE Marseille

Le Volontariat International en Entreprise (VIE) : une opportunité pour les PME de s’internationaliser

(...) les petites structures ne sont pas étrangères à ce succès car les PME sont les premières utilisatrices de la formule, à hauteur de 60%, ce qui montre que le VIE leur est bien adapté.
 

International/PME

Olivier PAGERON
Responsable Commercial VIE

Tél. : 04 96 17 25 58
olivier.pageron@ubifrance.fr
www.ubifrance.fr

D’une formation en Langues Etrangères Appliquées, il intègre en 2000 un DESS en Commerce International à Paris IV.
Europhone, société spécialisée dans le marketing B to B le recrute en 2001 avec mission de prospecter de nouvelles entreprises et de les convertir au Volontariat International en Entreprise (VIE).

L’Agence Française pour le développement des entreprises, UBIFRANCE le repère et lui propose un poste de Chef de projet VIE. Lors de la création de l’établissement de Marseille, il est nommé Responsable Commercial VIE pour le Pôle Grand Sud. Olivier Pageron s’avère donc être le spécialiste du dispositif et sait mieux que quiconque proposer aux PME les solutions les plus adaptées à leur développement à l’international.

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Pour gagner des parts de marché à l’étranger, il faut avant tout avoir des hommes sur le terrain. C’est ce que nous confiait, lors d’un précédent entretien, Frédéric Bénoliel, Conseiller du Commerce Extérieur de la France au Japon. Il affirmait également qu’encore trop peu de jeunes français évoluaient à l’étranger. De plus, 97% des entreprises françaises sont des PME mais seulement 24% d’entre elles exportent.
Ce constat montre qu’il est primordial de proposer aux PME des solutions d’internationalisation adaptées à leurs spécificités.
Le Volontariat International en Entreprise (VIE) constitue un des moyens mis en place par les pouvoirs publics pour atteindre cet objectif. Il est donc important d’en savoir plus sur ce dispositif en interrogeant le Responsable Commercial VIE d’Ubifrance, à savoir Olivier Pageron (présent lors de la Conférence MIPMET 2006).
Au final, gageons que cette formule soit un outil efficace pour que la petite structure emprunte au mieux « le sentier de l’internationalisation ».

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Quelle est l’origine du concept de Volontariat International en Entreprise (VIE) ?

Le Volontariat International en Entreprise (VIE) est un contrat exclusivement géré par l’Agence Française pour le Développement International des Entreprises, UBIFRANCE. Partie intégrante du dispositif d’appui au commerce extérieur de la France, il permet aux entreprises françaises voulant s’internationaliser, de confier une mission professionnelle pouvant s’échelonner de 6 à 24 mois à des jeunes âgés entre 18 et 28 ans. A l’origine, cette procédure a pris le relais en septembre 2001 de la Coopération au Service National en Entreprise (CSNE) qui permettait du temps du service militaire obligatoire de partir à l’étranger effectuer une mission pour le compte d’une société française. En somme, à la place de passer dix mois en caserne, il était possible d’aider une entreprise nationale dans le cadre de son développement à l’export.


Quels sont les trois plus grands avantages qu’offre le VIE aux entreprises françaises ?

Le premier avantage pour une entreprise est de pallier un manque de ressources humaines à l’international dans le but de piloter un projet export sur un pays ou une zone géographique. En effet, le dispositif permet à l’entreprise de rayonner sur un maximum de huit pays, ce qui lui confère un champ d’action élevé.

Le deuxième avantage est le coût attractif de la formule car UBIFRANCE, via contrat, exonère l’entreprise de toutes charges sociales et patronales car il n’existe aucun lien contractuel direct entre le Volontaire et l’entreprise.
Pour les PME et les TPE, des aménagements spécifiques existent à savoir la possibilité d’intégrer le budget consacré au VIE à une Assurance Prospection COFACE. Mais également de bénéficier du crédit d’impôt export permettant à une PME réalisant moins de 50 millions de CA de bénéficier d’un crédit allant jusqu’à 40000€ pour les dépenses de prospection à l’étranger (informations marchés, frais de déplacements et de communication…)
Enfin, il est possible pour les petites structures de mettre en place un VIE à temps et coût partagés avec d’autres entreprises.
Au final, le coût moyen d’un contrat VIE est en moyenne de 20 000€ par an, sachant qu’il est possible d’adjoindre les différentes aides que je viens de citer, mais aussi de bénéficier d’aides régionales comme le Fond Régional d’Aide à l’Exportation (FRAEX) ou encore le paiement d’une partie ou de la totalité du salaire versé à la personne. La région Pays de la Loire n’a pas hésité à financer 100% de l’indemnité versée au candidat ce qui réduit considérablement les coûts pour une PME.

Le troisième avantage se situe au niveau administratif car l’ensemble de la gestion du contrat et du suivi est délégué à UBIFRANCE. L’entreprise peut alors se consacrer pleinement à la partie opérationnelle de la mission qu’elle confie. Le contrat permet enfin une souplesse supplémentaire puisque le volontaire peut passer jusqu’à 165 jours par an en France pour formation, reporting ou autre.

En quoi le VIE constitue un moyen d’internationalisation adapté aux PME ?

Ce type de contrat est particulièrement adapté aux PME pour les raisons que j’ai citées précédemment à savoir principalement le coût restreint et une gestion administrative assouplie.
Mais je pense que la plus grande opportunité offerte à une petite entreprise est de pouvoir avant tout tester sa recrue sur le terrain pendant une période maximum de deux ans. A la fin du contrat l’entreprise n’a pas l’obligation d’embaucher la personne si elle n’est pas pleinement satisfaite.
D’autre part, une condition nécessaire à la réalisation d’une mission est l’obligation de fournir au VIE un encadrement humain efficace au sein d’une structure professionnelle sur place. Mais nous savons bien que les petites structures n’ont pas toujours les moyens de posséder des filiales ou des bureaux de représentations à l’étranger. C’est en cela que nous pouvons grandement les aider, en proposant des solutions adaptées à chaque entreprise.
Nous pouvons par exemple suggérer des solutions de portage via les grands groupes et l’Association Partenariat France.
Il est également possible d’héberger la personne au sein de notre réseau de plus de 120 Missions Economiques à travers le monde.
Ou encore lui trouver un bureau en sollicitant la délégation des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF), mais aussi du réseau des Chambres de Commerce Françaises à l’étranger.
Au final, je pense que le principal atout du dispositif est de tenter de comprendre les PME, de les conseiller via la cellule PME que nous avons créée et de les accompagner à chaque étape de leur développement à l’international.

Quels conseils donneriez vous à une entreprise voulant s’attacher les services d’un VIE ?

Le premier conseil à donner aux entreprises, et surtout aux PME, est la nécessité d’avoir une stratégie export clairement définie pour donner les bonnes orientations à la mission. En effet, lorsqu’une une entreprise souhaite affecter un VIE, il est primordial d’étudier son projet à l’international. Il doit être défini et structuré tant au niveau du contenu du poste que de la destination.
Un autre conseil, qui est sans aucun doute la clé de la réussite d’une mission, est d’être particulièrement rigoureux dans la sélection du candidat et de lui fournir une solide formation sur l’entreprise et ses produits. Nous pouvons aider efficacement les entreprises à recruter en sélectionnant des profils adaptés au poste, ceci à partir de notre base de plus de 40 000 CV présente sur le Centre d’Information sur le Volontariat International (CIVI, www.civiweb.com ).
Enfin, sur le terrain, il est essentiel pour l’entreprise d’assurer un suivi opérationnel constant de la personne pour optimiser son action. Cet élément est primordial car le VIE se sentira véritablement impliqué dans son travail comme s’il était un vrai salarié de l’entreprise !

Quelle stratégie de recrutement sous-entend l’utilisation du dispositif VIE pour les PME et pour les grands groupes ?

Il est clair que les attentes des PME et des grands groupes au niveau RH sont totalement différentes. Par conséquent, l’utilisation du dispositif VIE n’a donc pas les mêmes conséquences sur le recrutement au sein de ces deux catégories d’entreprises.
Les PME démarrant à l’export n’ont pas forcément le budget pour recruter à l’international et donc pas une vison RH à long terme. Le but est surtout de combler à un besoin de court terme et de se développer rapidement sur une zone et sur un projet spécifique. Le délai de deux mois que nous proposons pour l’affectation de la personne permet ainsi une grande réactivité. Il est possible également pour la PME d’attirer de meilleurs profils grâce au coup de projecteur UBIFRANCE et d’agrémenter ainsi son processus de recrutement. Elle va, de fait, toucher plus facilement des candidats qu’elle aurait eu beaucoup plus de mal à approcher par ses propres moyens.
En revanche, pour les grands groupes, l’objectif d’affectation d’un VIE n’est pas du tout le même. L’utilisation du dispositif, pour la grande entreprise, s’inscrit directement dans une politique RH à long terme. Les grands groupes ont d’ailleurs crée leur propre service de recrutement VIE et ne passe rarement par nos conseils tellement la démarche est automatisée. En Languedoc-Roussillon, le groupe Royal Canin, possède une cellule s’occupant uniquement du recrutement des VIE. C’est d’ailleurs Charlotte Desiage une ancienne de votre master 2 qui tient ce rôle dans le groupe.

Quels conseils donneriez vous à un candidat voulant effectuer un VIE ?

Le principal conseil que je donne est de se mettre totalement dans la peau d’un chercheur d’emploi. En effet, il y a souvent des confusions faite entre stage et VIE, et avec ce type de contrat nous sommes vraiment dans une configuration emploi.
Par ailleurs, pour le candidat, il faut utiliser tous les canaux de recherche disponibles. Même s’il est obligatoire de s’inscrire au préalable sur la base CIVI et que des offres sont disponibles, il ne faut pas compter uniquement sur cela. Il faut prospecter par ses propres moyens et adopter une démarche proactive de recherche d’emploi. Cela passe par le démarchage en direct des entreprises en leur présentant les avantages du VIE et la mission que vous souhaitez effectuer. Pourquoi également ne pas profiter de relations acquises lors de précédents stages pour se positionner sur une mission VIE ! L’entreprise connaissant déjà les aptitudes du candidats, c’est incontestablement un plus. Une démarche qui fonctionne bien est le démarchage des filiales des grands groupes à l’étranger car elles ont sur place une bonne idée de leurs besoins en terme de ressources humaines. Bien sur, au final, c’est la maison mère qui décide mais rien n’empêche à un candidat de se procurer une liste des filiales françaises à l’étranger et de prospecter par lui-même.
Au final, l’international ne s’improvise pas, il faut avoir avant tout envie de travailler, de découvrir une autre culture et de remplir sa mission.


Quel est le bilan aujourd’hui de ce dispositif ?

Sans conteste, le VIE est un succès et nous espérons aller encore plus loin dans sa démocratisation. Nous sommes actuellement à plus de 11 300 volontaires affectés dans le monde depuis son lancement en 2001. Depuis cinq ans, ce sont plus de 3000 entreprises qui ont reçu l’agrément d’UBIFRANCE (dossier qui est le premier élément à remplir pour une entreprise souhaitant affecter un VIE). Il est valable cinq ans et précise le projet de l’entreprise. De plus, à l’instant où l’on parle, près de 4300 personnes sont en train d’accomplir une mission pour le compte de 1000 entreprises françaises. Et nous espérons bien en dénombrer plus de 5000 en poste en 2007.
Mais le plus important à retenir, est que 70% des entreprises embauchent le volontaire à la fin de sa mission et la plupart n’hésitent pas à reconduire des VIE, le cas échéant. Cela démontre que les entreprises sont fidélisées et pleinement satisfaites de la qualité du service apporté par UBIFRANCE.
Enfin, les petites structures ne sont pas étrangères à ce succès car les PME sont les premières utilisatrices de la formule, à hauteur de 60%, ce qui montre que le VIE leur est bien adapté.


 
Octobre 2006
Entretien réalisé par Laurent Godfrin- MIPMET06

 

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